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 Eléments d'une bonne intrigue

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Liyat
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MessageSujet: Eléments d'une bonne intrigue   Dim 15 Juil - 23:47

Dans la suite du premier, les éléments qui selon moi peuvent aider à bâtir une bonne intrigue. Je ne répète pas le disclaimer du premier mais l'idée est la même.

1-la cohérence :

La cohérence d'une histoire permet de susciter l'intérêt du lecteur. C'est un élément indispensable qui participe grandement à l'immersion et à l'implication du lecteur. Si celui ci est suffisamment convaincu par la solidité de la trame, il rentrera d'autant plus facilement dans l'univers que vous cherchez à créer.

Les deux premiers éléments à même d'apporter de la cohérence à une histoire sont aussi les plus importants : le fil directeur et l'unité de forme. Bien que cela paraisse évident, créer une bonne histoire requiert d'imaginer un événement autour duquel tout le reste va s'articuler mais surtout de s'y tenir. En effet, même en ayant un fil conducteur la tentation peut être grande de glisser dans des sous intrigues qui ne feront qu'affaiblir la trame principale. Ainsi, même lorsque certains chapitres doivent s'éloigner de l'intrigue principale, il est bon de la maintenir en toile de fond, afin de ne jamais perdre de vue l'objectif majeur : mener l'histoire à son terme. Créer une unité de forme reviens donc à ne jamais perdre de vue l'intrigue principale et a toujours y revenir le plus tôt possible après une digression.

Quelle que soit la nature du fil directeur, il comporte plusieurs enjeux plus ou moins vastes, il peut être intéressant de jouer sur l'un ou l'autre de ces tableaux pour explorer différents aspects du problème évoqué. Susciter l'interrogation du lecteur face a un problème moral, social ou économique est toujours un plus, l'inclure dans le processus de réflexion permet de renforcer son implication et donc l'efficacité de l'ensemble.

Enfin il faut aborder les questions de magie et/ou de haute technologie avec une extrême prudence, si elle doivent seulement être posées. En effet, ces deux paramètres peuvent être très nuisibles à la cohérence/vraisemblance d'une intrigue si ils ne sont pas correctement gérés. Une fois admise l'existence de forces surnaturelles ou de technologie prodigieuses (concepts dont l'effet est pratiquement équivalent ici) on peut être soumis à une tentation irrésistible : résoudre tous les problèmes ou utiliser cela comme une explication plus ou moins vaseuse a toutes les incohérences de l'intrigue. Si le lecteur à le sentiment que n'importe quelle difficulté peut être soit évitée soit aplanie par ce genre de force supérieure, alors il est en droit de se demander en quoi l'élément perturbateur était un problème. Quand bien même il poursuivrait sa lecture, le mal est fait : l'incohérence l'a poussé à l'interrogation puis à la remise en cause et à donc brisé l'immersion en installant un doute tenace quand à l'efficacité de l'ensemble. L'insertion de capacités majeures comme la téléportation doit donc être fait avec une extrême prudence et susciter la contrepartie. En effet, comment justifier plus tard qu'un héros doté de ce don surnaturel puisse être un jour capturé ? Comment justifier le fait que quelqu'un capable de voir l'avenir puisse être surpris par quoi que ce soit ? Comment justifier que quelqu'un qui soit capable de ralentir le temps puisse être seulement blessé ? Autant de question qu'il faut se poser avant d'insérer toute forme de technologie/magie particulièrement avancée. Une bonne méthode est d'insérer une contrepartie très lourde limitant l'usage de tels gadgets/sorts.

En un mot comme en cent, la cohérence d'une histoire tiens en grande partie à sa vraisemblance et à l'implication du lecteur. Quelque soit la nature fantastique de l'intrigue, elle doit toujours paraître crédible et les évènements doivent s'enchaîner de manière logique par rapport à l'univers qui les voit naître.

2-Gestion des personnages :

Je ne détaillerais pas ici la manière de créer un bon personnage, puisque je l'ai abordée dans un article récent. Je vais parler ici du rapport des personnages à l'intrigue et de leur gestion dans un souci de respect de la cohérence de l'ensemble.

Il existe deux manières d'aborder ce rapport. La première privilégie les personnages. Créer d'abord des personnages pour ensuite imaginer la situation dans laquelle il se trouve. Cette approche permet d'aboutir à des personnages vraisemblables, puisqu'ils ont été imaginé indépendamment des événements qu'ils vont vivre, ils n'y sont donc pas assujettis dans votre esprit. Cependant la cohérence d'ensemble peut en pâtir parce que l'on est tenté d'écrire leur histoire personnelle et de négliger l'intrigue principale. La deuxième option consiste a imaginer l'intrigue puis des personnages pour remplir les rôles nécessaires. Les défauts sont évidemment exactement inverse puisque la création des personnages et leurs actions sont commandés par un impératif événementiel. Ils sont donc plus artificiels et plus mécaniques le lecteur s'attachera moins facilement à eux. L'exemple type ce serait les héros du seigneur des anneaux. Pourquoi cherchent ils a détruire Sauron ? Mais pour sauver le monde, pardi. Ici, une déficience du lien entre intrigue et personnage rends ceux ci semblable à des figurants : ils remplissent un rôle ce qui brise l'illusion de la vraisemblance. Une bonne intrigue est donc forcément lié aux personnages qui vont l'explorer puis la résoudre. Ils doivent être personnellement intéressés dans l'entreprise, soit pour des raisons idéologiques, soit personnelles, politiques ect … Sauver le monde ne suffit pas, puisque la destruction totale impliquant tout le monde, il n'y aucune raison qui vienne expliquer que ceux la précisément aient répondu à l'appel.

Il faut ensuite choisir la méthode de suivi la plus adaptée pour suivre le ou les personnages dans la résolution de l'intrigue, ce qui dépends essentiellement de leur nombre. Dès l'instant ou les personnages sont plus de cinq, il peut être intéressant de les diviser en plusieurs groupes, pour des raisons de cohérence. En effet, plus le nombre des personnages dans un même arc narratif est élevé, plus ils perdent en visibilité. En effet, avec le nombre leur temps de parole et d'apparition va diminuer, la gestion va devenir plus lourde et l'action moins lisible. Il est donc recommandé de fragmenter l'ensemble des personnages en différents groupes, qu'ils se connaissent ou non, et travaillant chacun à leur manière à la résolution de l'intrigue, ce qui rendra le tout plus abordable, cohérent et agréable.

3-Les péripéties et comment les gérer :

Le déroulement d'une intrigue ne doit pas être uniforme, en mal comme en bien. Les rebondissements ne doivent pêcher ni en excès ni en défaut. Le nombre et l'importance des péripéties doivent êtres correctement gérées pour créer un rythme harmonieux et agréable a suivre. Si tous les rebondissements de l'intrigue arrivent au même moment, il est possible que le lecteur perde le fil et son intérêt pour l'histoire, l'excès inverse produit la même conséquence, si les phases transitionnelles sont trop importantes.

La maîtrise d'un rapport au cliché, qui est inévitable est également indispensable. Après des millénaires de recherche littéraire, il est rare, très rare même, d'évoluer dans un terrain parfaitement vierge. Nous nous sommes construit en tant qu'auteurs par nos expériences culturelles, quelque puisse être leur nature, il est donc logique d'y recourir plus ou moins consciemment lors de la rédaction de nos récit. Pour demeurer original et efficace, il est nécessaire de maintenir une certaine distance vis à vis de nos sources d'inspiration dans le but évident d'éviter le plagiat, qui nuit a l'originalité et a la crédibilité de l'oeuvre. Cependant, il peut être intéréssant de jouer sur la proximité avec ses inspirations, ce qui peut déboucher sur un questionnement voire une remise en cause de ce qui nous a permis d'écrire. De la même manière, il faut s'interroger sur le rapport de notre œuvre a son genre littéraire. En effet, chaque genre véhicule un certain nombre de codes, que l'on respecte par convention. Outre le fait qu'ils ont été établis pour une bonne raison, en général l'efficacité, ils permettent de situer notre œuvre, et auront une influence sur le regard porté sur elle. Bien qu'un trop grand respect des codes d'un genre ne soit que rarement nuisible, s'en détacher peut permettre de questionner un genre dans sa pertinence littéraire ou dans son évolution actuelle.

Enfin, maîtriser son intrigue signifie maîtrise sa mise en scène. Pour optimiser l'efficacité narrative d'un événement il est nécessaire de soigner la façon dont l'intrigue va progresser jusqu'à lui. Considérer qu'une intrigue n'est qu'une chaîne de péripéties entrecoupés de phases transitionnelles nuira fortement a la cohérence de l'ensemble. C'est pourquoi lorsqu'on imagine un événement, il faut automatiquement penser a son insertion dans l'ensemble, et a sa justification. Il faut ensuite l'amener de façon appropriée, ce qui signifie utiliser des moyens adaptés a son importance, notamment en ce qui concerne le niveau de langue. Il faut dire petitement ce qui est petit et majestueusement ce qui est grand. En d'autres termes, si vous décrivez votre personnage en train d'aller chercher le courrier pendant six pages, avec force d'adjectifs et moult superlatifs, vous passerez au mieux pour pompeux et au pire pour ridicule et rasoir.

4-Vue d'ensemble :

On ne dira jamais assez que pour créer une bonne intrigue, il faut avoir une bonne vision d'ensemble. On a naturellement tendance a imaginer les péripéties les une après les autre, ce qui aboutit a une suite d’événements plus ou moins originale, mais manquant cruellement de cohérence. Créer une bonne intrigue consiste a lier l'ensemble en « lissant » le résultat final, et en maîtrisant parfaitement le rythme.

Ce dernier ne doit jamais être uniforme. Une narration efficace fonctionne nécessairement par pics. Alors que les péripéties les plus palpitantes sont l'occasion d'une débauche d'effets de style et de maîtrise, les phases transitionnelles se doivent d'être plus calme et contemplatives afin de créer la variété nécessaire a l'efficacité d'une œuvre. Les phases transitionnelles ne doivent en aucun cas être prétexte à un relâchement du style. Leur présence permet d'adoucir la rugosité d'une succession de péripéties ou la présence de l'intrigue et les enjeux sont forts. Stylistiquement elles seront plus calmes et posées mais peuvent également avoir leur rôle a jouer. En effet elles peuvent devenir d'excellentes illustrations du monde que vous cherchez à décrire. Elles sont également le moment idéal pour faire progresser les relations entre les personnages, en réaction aux péripéties qu'elles suivent. En un mot comme en cent, elles sont complémentaires des pics de narration et ont leur rôle a jouer dans votre plan d'ensemble. Une bonne intrigue soigne a la fois les transitions et les pics de narration afin d'obtenir un ensemble harmonieux.

La vue d'ensemble qu'il faut chercher a acquérir doit maintenant se focaliser sur ce que l'on appelle vulgairement les climax de l'intrigue, c'est à dire les moments les plus forts. En toute logique, une histoire classique accorde une énorme importance au début et à la fin, puisque c'est là que tout commence et que tout finit. Un bon début et une bonne fin doivent être liés, ce lien, c'est l'évolution (ou l’absence d'évolution!) entre les deux. Une fois l'histoire menée à son terme, le lecteur va procéder a un bilan introspectif pour apprécier la force l'émotion que vous lui aurez transmise. Cette réflexion va forcément se focaliser sur la fin, puisqu'il viens de la lire, mais aussi le début pour jauger l'évolution du monde et de la trame et enfin sur les péripéties les plus importantes ou dramatiques de l'oeuvre. En toute logique ces événements doivent être particulièrement soignés et surtout liés entre eux afin de créer une dynamique d'ensemble et des logiques globales qui ajouteront a la cohérence de votre travail. A ce titre, il peut être intéréssant de créer un effet d'écho entre le début et la fin, en répétant une situation ou une formulation rappelant discrètement au lecteur la progression de l'intrigue.

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