La culture est l'opium de l'intellect
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
Meilleurs posteurs
Lambègue (215)
 
Ouroboros (177)
 
Princesse Loudie (112)
 
Halbar (57)
 
Koiran (33)
 
Mirë (25)
 
Liyat (20)
 
Junichiro Tanizaki (8)
 
Yukee (8)
 
Nebkhéperourê (6)
 
Liens
Maître Eolas
Ed Wood's Web Worst Page

Bouletcorp
Le Blog d'Un Odieux Connard


Partagez | 
 

 Délire Théâtral !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Halbar
Impétrant
Impétrant
avatar

Messages : 57
Date d'inscription : 16/01/2011

MessageSujet: Délire Théâtral !   Lun 28 Mar - 19:51

Bonne lecture !

Dialogue
Au coin du feu

* France, 22 février 2017. Alors que le peuple français se pose de sombres questions sur son avenir après la victoire du Front National aux élections présidentielles, deux hommes soupent à huis clos, près du feu, Le Comte de Droite et Le Prince. L'un en face de l'autre, du fond de leur fauteuil, se livrent à un duel verbal sur l'avenir du pays, alors que les extrémistes menacent la Vème République.

A : Les extrémistes sont à nos portes !

B : Veuillez me passez le sel, je vous prie.

A : Mr Le Prince, leur arrogance est sans pareil, ils s'imaginent renverser la République en quelques mois. Nous ça va faire près de 150 ans qu'on essaye de la renverser, et à part Pétain, il faut avouer qu'on s'est gaufré.

B : N'auriez vous pas un peu de beurre Mr le Comte ? J'aime mettre du beurre dans ma soupe.

A : La situation vous intéresse ou bien ?

B : Vous n'avez vraiment pas de beurre ?

A : Maintenant que le Front National a gagné les élections présidentielles, les changements risquent de s'opérer rapidement. Les extrémistes vont couper la tête à Marianne, nous devons faire quelques choses.

B : En tant qu'Orléaniste vous souhaitez le retour de la monarchie, et moi en tant que descendant des Bonapartes je souhaite une restauration de l'Empire, finalement nous aussi nous voulons la tête de la Marianne. Où est le problème ?

A : Vous savez comment sont les fascistes, ils ne partagent pas le pouvoir, ils sont un peu juif sur les bords.

B : D'ailleurs en parlant de juif...vous ne m'avez toujours pas passé le beurre...

A : Je n'en reviens toujours pas. Depuis 150 ans, on corrompe, on complote, on assassine et on arrive à rien, c'est humiliant! Vous comprenez ?

B : Moi ce que je ne comprends pas, c'est que vous ne me passiez pas le beurre...ah voilà merci! Vous savez, nous les Bonapartes on a su faire bonne figure aux yeux des français. Malgré l'existence de la République Napoléon Ier est un des personnages de l'Histoire le plus apprécié. Quant à Napoléon III il faut avouer qu'on a merdé dans la communication.

A : Nous avec Louis Philippe d'Orléans c'est encore plus nébuleux.

B : Bien, que fait-on ? On s'allie aux républicains ? Ou préférez vous assassiner le leader frontiste ?

A : En tant qu'extrémiste, m'allier aux républicains, j'aurais l'impression de vendre mon âme au diable. Je vote pour l'assassinat.

B : Les Bonapartistes et les Royalistes qui tentent de sauver la République, ça frise le mauvais goût...Non vraiment votre soupe, je peux pas, même avec le beurre et le sel.

A : Il faut se dire qu'on la sauve pour mieux la faire chuter. Mais cela ne nous dit toujours pas comment on l'assassine

B : Faites lui une soupe !

A : Vous avez pas mieux ? Remarque, passez moi la votre.

B : Que faites vous ?

A : Bien je teste votre idée !

B : Mais dites moi vous allez pas mieux!

A : Serviteur ! Veuillez nous apporter le plat suivant s'il vous plait.

B : Je peux savoir ce que vous avez versé dans ma soupe ?

A : Un poison. On va le tester sur mon serviteur.

* Le serviteur entre dans la salle

B : Vous savez, ma proposition...c'était du second degré.

A : Ah vous voilà. Mr le Prince dit détester votre soupe. Goûtez là!

B : ...Visiblement le poison agit rapidement.

A : Oui mais le voir s'agiter sur le sol comme ça, entrain d'agoniser, non vraiment c'est pas propre.

B : Puis il commence à baver partout, c'est dégueulasse.

A : Il faut trouver un autre poison...

B : ...ou une autre méthode car là ça craint.

A : Gardes emmenez moi ça!

B : Puis de toute manière les dictateurs comme les présidents ont toujours un goûteur, on n'y serait pas arrivé.

A : A moins que l'on choisisse le bon moment !

* Les gardes emmènent le corps du serviteur qui répand toute sa bave sur le sol.

B : Vous pensez à quoi ?

A : Au Salon de l'agriculture.

B : On va pas s'habiller en paysan quand même ?

A : Vous savez de nos jours ils portent des vêtements propres. Ils travaillent même parfois en costard dans leur champ, le cul assis dans leur tracteur avec la télé à l'intérieur.

B : La modernité me dépasse! En quoi consiste le plan ?

A : Bien on se fait passer pour des agriculteurs, on tape le cul des vaches, on installe notre stand sur le chemin de la présidente, elle goûte notre produit et paf elle meurt, car on aura empoisonné nos produits. C'est pas génial comme plan ?

B : C'est vraiment obligé le cul des vaches ?

A : Bien il parait que c'est une tradition, on pourra pas y couper. Il s'agit de passer inaperçu.

B : Bon à la rigueur...mais vous êtes bien gentil, si elle meurt devant notre stand, on va se faire aussitôt embarquer et emmener en cabane.

A : Non mais on est pas obligé de le faire nous même, on peut payer grassement des hommes du peuple pour le faire.

B : Vous croyez vraiment que des paysans vont bêtement accepter un travail qui va les emmener tout droit à la mort ? Je vous rappelle que la présidente a déjà abrogé la loi sur l'interdiction de la peine de mort.

A : Ce ne sont que des paysans...

B : Oui, mais s'ils nous vendent à la police ? Nous ne pouvons pas prendre le risque.

A : Il faut trouver des kamikazes afin qu'ils s'empoisonnent dès le travail terminé. Il y a peu de temps, j'ai rencontré le vieux borgne d'extrême droite. Comme vous le savez, cette vieille carne n'est pas encore morte. Toujours est-il qu'on délirait un peu sur les beaux jours de l'extrémisme en Europe, puis c'est là qu'il me parle de quelques pilules utilisées par les nazis, il s'y connaissait vachement, c'était impressionnant!

B : Et alors ?

A : Ben rien. Ils utilisaient de l'amphétamine pour décupler leur force et leur concentration. Mais les Alliés le faisait aussi.

B : Et pour les kamikazes ?

A : Bien le borgne m'a toujours dit : « Un bon kamikaze c'est un arabo-japonais entraîné par la CIA pour des missions en Corée du Nord ». J'ai jamais vraiment compris ce qu'il voulait me dire. Vous connaissez un arabo-japonais vous ?

B : Non, pas que je sache.

A : Bon du coup j'y comprends rien. Parce que des arabes kamikazes j'en connais, mais pour le reste...

* Un autre serviteur amènent les plats de résistance, une belle entrecôte pour chacun des convives.

B : Ah...à manger.

A : Finalement, c'est une tâche ardue que de commettre un attentat. Si on s'alliait avec les extrémistes frontristes ?

B : Vraiment il n'y a rien de potable dans votre cuisine ?

A : Car cette histoire d'assassinat je commence vraiment à avoir la tête grosse comme une pastèque, c'est trop compliqué.

B : Vous ne voulez pas qu'on fasse venir un traiteur ?

A : A la limite je pourrais demander à mon serviteur comment il assassinerait un homme, non ? Serviteur !

B : Demandez lui de ma part comment il ferait s'il lui fallait éliminer un cuisinier.

A : Mais que fait-il bon sang ? Ah le voilà...

* Le serviteur entre dans entre dans le salon en marchant en zigzague

B : Mais il est beurré ???

A : Ah non ! Recommencez pas avec votre beurre ! Bon dîtes serviteur, si vous deviez assassiner un...un quoi déjà ?

B : Un cuisinier !

A : C'est ça! Vous feriez comment vous ?

B : Mais...mais il est muet ?

A : Oui comme l'autre qui est mort tout à l'heure. Par le passé j'ai eu un serviteur qui passé son temps à débiter des conneries, je le supportais plus. Il faut dire il était vachement con. Du coup j'ai décidé de le virer et d'acheter deux esclaves. Alors bon, pour être sûr de ne pas subir à nouveau les stupidités du péquin moyen, bien...je leur ai coupé la langue.

B : ah carrément...

A : Oui, puis vous voyez bien que c'est un arabe ! C'est pas pour rien que je lui demande conseil sur ce genre de sujet. Il y a même un ami qui m'a récemment avoué que d'après certains scientifiques cette connaissance pour l'attentat se transmettait désormais par les gènes...En d'autres mots, paf dès qu'ils sortent du ventre de leur mère, ils ont toutes les connaissances suffisante pour tout faire péter.

B : Carrément...vous croyez toujours tout ce qu'on vous dit ?

A : Allez Homme parle! Enfin Arabe parle! Fait tes gestes comme d'habitude.

* Le Serviteur s'agite dans tous les sens en faisant une tête surprenante
B : Que dit-il ?

A : Il me dit d'utiliser des techniques furtives. Il précise que pour l'infidèle qui blasphème à longueur de journée, il suffit de bourrer le porc...

B : Vous êtes certain d'avoir correctement traduit ? Non je dis ça car il faut dire qu'on bite pas grand chose à vos propos...

A : Oh tout de suite, forcément vous faites la fine bouche ! Vous n'attendez même pas que je finisse de traduire.

B : Ah parce qu'il a pas fini ?

A : non mais lui il a finit ! D'ailleurs retournez en cuisine puis faites ce que vous voulez. Moi j'ai plus faim.

B : Parlez pour vous! Puis qu'est ce qu'on fait de ses propos ?

A : Bien on traduit !

B : Vous pourriez être plus clair ?

A : Vous avez déjà entendu parler de la pythie grecque ?

B : Bien entendu! Quel rapport ?

A : Bien lui c'est un peu une pythie arabe...et il faut également traduire.

B : Et vous êtes diplômé pour ça ?

A : Bien c'est à dire qu'avec le temps on s'y fait, mais parfois, je l'avoue, j'y comprends rien.

B : Bien bien...et là ?

A : Bien là il dit que lorsque le soleil s'est couché, et que part trois la cloche aura sonné, que la main de dieu souille l'anus d'un porc hongrois. J'avoue ce passage un est un peu obscur. Enfin, je reprends. Ensuite il dit : Grâce à la dynamite introduite, le cuisiner infidèle sera emporté un beau matin d'été.

B : En clair on piège le porc et le cuisiner saute avec lors de la cuisson.

A : En quelque sorte.

B : Y a pas à dire, ils sont ingénieux ces arabes.

A : Du coup on peut ré-envisager notre attentat lors du salon de l'agriculture.

B : Pas vraiment, car là bas ils sont soit vivant, soit en jambonneau sur les étales.

A : Bon on bute à nouveau sur la question...je fais quoi ? Je le rappelle ?

B : Oui, c'est lui l'expert après tout.

A : Serviteur ! Nous avons encore besoin de vos services !

* Le serviteur arrive dans la salle, un bâton de dynamite entre les mains

B : Euh...c'est bien ce que je crois ?

A : Oui, mais ne vous inquiétez pas il se balade souvent avec quelques bricoles. Puis si on est cohérent, il veut peut être illustrer ses propos.

B : C'est vraiment spécial les repas chez vous. C'est toujours comme ça ?

A : Arabe parle !

B : Que voulez vous qu'il dise, vous ne lui avez rien demandé!

A : Je dois lui demander quoi déjà ?

B : Vous me donnez la nausée!

A : Vous ne savez pas, vous non plus ?

B : Alors bien : comment assassiner une personne d'envergure, en publique, très protégée ?

A : Allez parle serviteur !

* Le serviteur tourne tout autour de la table en faisant des gestes déconcertants, il semble être en transe

B : Vous pourriez lui demander quand il aura fini s'il n'a pas un peu de fromage à me ramener. Non parce que avec toutes vos conneries il faut que je me remette. Puis le fromage j'ai de l'espoir, il y a peu de chance que cela soit le cuisiner qui l'ait préparé.

A : Ces arabes sont incroyables, ne sont-ils pas fascinant ?

B : Pas de fromage ?

A : Alors voici ce qu'il dit : Quand le manitou du racisme français aura atteint trois porcs lors de la grande esplanade botanique, il régurgitera le croissant des croyants. Par ce temps, la mécanique explosive rugira par delà les frontières, et le manitou bizutera le grand ours inca.

B : Ben voyons !

A : Là il faut avouer c'est assez obscur.

B : C'est moi où il a un problème avec le porc ?

A : Bien pour tout vous dire, en plus d'être arabe, il est musulman.

B : Oui la vie est dure.

A : Vous pouvez retourner en cuisine serviteur!

B : Que fait-on des mots de votre pythie ?

A : Bien je cherche, je cherche.

B : Ah voilà le fromage !

A : J'ai lu beaucoup de choses sur les pythies, c'est vraiment nébuleux parfois. Pour notre cas, il faut avouer c'est pas de la tarte.

B : Ah ben non...malheureusement voilà le fromage !

A : Quoi que si on réfléchit bien la mécanique explosive au delà des frontières, on peut penser à la bombe atomique. Et le manitou du racisme français c'est la dirigeante du FN.

B : Vous me croyez si je vous dis que c'est votre cuisiner qui fait le fromage ?

A : Bon pour le grands ours inca, j'avoue là, c'est nébuleux. Bon de ce qu'on peut comprendre c'est qu'il nous conseille de balancer une bombe nucléaire sur le salon de l'agriculture.

B : En somme on reste dans l'explosif, il n'y a pas à dire, les terroristes sont cohérents. Vous n'avez vraiment pas une autre traduction ? Car une bombe nucléaire, cela risque d'être compliqué. Puis on souhaite la mort du leader frontiste, pas celui du peuple français.

A : Oui, il est vrai que si on se met à tuer tout le monde ça va être un sacré bordel !

B : Votre serviteur il sait faire des choses en cuisine ?

A : Ce ne sera pas une surprise si je vous dit qu'il prépare divinement bien le thé.

B : Je serais ravi de goûter sa préparation !

A : Serviteur, du thé s'il vous plait !

B : Bon, sinon il faut absolument prendre une décision. On assassine ? On assassine pas ?

A : Une question à laquelle il semble difficile de trouver une réponse.

B : C'est moi où ça sent le cochon grillé ?

A : Oui, le cuisiner doit le préparer pour le repas de demain midi. Ah voilà votre thé !

B : Euh sa dynamite est passée où ?

A : Vous allez voir il est sublime !

B : Je rêve où votre horloge est entrain de sonner les trois coups de minuit ?

A : Bien si, pourquoi donc ?

B : LE TERRORISTE A BOURRE LE PORC ! TOUS AUX ABRIS !

* Soudain le noir tombe dans le salon. Survient des bruits d'explosion.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Princesse Loudie
Impétrant
Impétrant
avatar

Messages : 112
Date d'inscription : 17/01/2011
Age : 26
Localisation : dans tes rêves...

MessageSujet: Re: Délire Théâtral !   Mer 6 Avr - 16:39

Excellent !
J'aime l'entrée en matière, par contre un léger flottement au milieu, j'ai un peu décroché. Néanmoins excellente chute, mais un peu prévisible ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Halbar
Impétrant
Impétrant
avatar

Messages : 57
Date d'inscription : 16/01/2011

MessageSujet: Re: Délire Théâtral !   Sam 9 Avr - 2:47

Merci Loudie, je te remercie pour ton commentaire. Ta remarque sur le manque de rythme vers le milieu du texte me surprend un peu, car je pensais l'avoir comblé par la mise en place d'un humour assez cynique, qui permettait de ne pas décrocher.
J'y installe de plus une montée en puissance du délire de cette scène surréaliste. Pour la chute, en effet elle est prévisible et c'est assumé, cependant cela n'empêche pas de rire comme tu l'as si justement souligné.

Encore merci Loudie, en espérant t'avoir faire rire le plus possible.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Délire Théâtral !   

Revenir en haut Aller en bas
 
Délire Théâtral !
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» FAQ (à lire avec attention, sous peine d'écartèlement)
» [A lire] Le Renard et la Louve
» [Jeux/Réflexion] Psycho-délire
» Quand les Flots se lèvent... [BG - Récit à lire]
» Bribes. [Récit à lire]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Musée des savoirs :: Domaines :: Littérature :: Vos écrits-
Sauter vers: