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 Du haut des toits.

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Lambègue
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MessageSujet: Du haut des toits.   Ven 28 Jan - 18:48

Note d'intention (à lire plutôt après avoir lu le texte) :
L'idée me trottai dans la tête depuis un petit moment, sans que j'ai la moindre vision de la forme que prendrait ce texte. Au final, comme souvent, j'ai délaissé toute tentative de vers (ça ne convenait pas à ce que je voulais transmettre, trop organisé), et utilisé la prose.
A le relire, je remarque que les phrases ont une tendance à la longueur : ça m'arrive parfois, et ne cherchez pas la dedans une volonté de montrer une maîtrise grammaticale particulière. Je ne suis pas de cette catégorie de personnes qui exhibent leur analepse en public, seul Invité a le droit de la voir.
L'idée me plait, entrer dans un esprit qui, vu de l'extérieur, serait radicalement classé comme malade, mais qui acquiert ici comme une légitimité...Voir plus. Vous pourrez assimiler cela à un contentement outrancier de soi, mais ce texte, comme une grosse partie des mes plus récents, me satisfait bien. Je pense qu'Hérosia a fait beaucoup de bien à mon écriture, comprendra qui pourra.
Enfin, je ne compte pas m'excuser du final. Il illustre assez bien ma manière de penser. Si certains se sentent offensés (et j'ai déja eu assez de soucis avec ce genre de choses pour que j'envisage effectivement que certains puissent se sentir offensés), je n'en éprouve aucun remord. Donc pas la peine de me traiter d'impie, je le suis, et j'en suis très satisfait. Un jour je ferai un joli réquisitoire sur la religion, histoire de rigoler un peu.

Enfin, ne perdons pas les bonnes habitudes, la musique : certains apprécieraient plus "The Ring" de Zimmer, personnellement je l'ai écrit sur le superbement ambiant et génial "Red Dragon" de Danny Elfman, plus particulièrement sur les deux dernières pistes de l'album ("He's back" et "End Titles", dans la version que j'ai sous la main du moins, et je suis pas sur que ce soit similaire à la version commerce).

Bonne lecture, et j'attends vos commentaires, positifs ou négatif : dans les deux cas, ça m'est bien utile.

PS : C'est assez bizarre, mais j'ai parfois l'impression de plus écrire SUR mes textes que de textes réels. Je suppose que je fais ça en grande partie pour moi, afin d'avoir une idée de comment je voyais un texte au moment de son écriture. C'est assez instructif quand on le relit quelques temps plus tard.



Je suis celui, du haut des toits, qui vous regarde passer. Je suis celui que vous ne ressentez que quand viens la nuit, lorsque vos sensations, exacerbée par une peur absurde d'un noir sans rien de meurtrier, vous alertent, vous disent de vous retourner. Et vous de jeter un regard discret dans votre dos, rapide, sans faire attention, rassuré de ne voir qu'une ombre des plus honnêtes emplir un horizon qui ne sera jamais aussi proche, ni aussi vide. Vous pensez que cela est du au rêve, ce tremblement, cet impression d'une présence...Et vous n'y réfléchissez plus, jusqu'à ce que mon couteau caresse votre chair, et que ma peau s'abreuve du sang, de votre sang, qui jaillit en fontaines absurdes de l'entaille pour laquelle déjà vous hurlez de douleur, de peur, de tristesse.
Je suis celui, du haut des toits, qui vous regarde vivre, vous évalue, et décide si vous êtes digne de passer sous ma main, de vivre la mort superbe de qui se fait abattre par un artiste, de voir avant le grand noir final la lueur superbe de la révélation véridique. Vous voudriez tous fuir, tous y échapper, et crever dans votre misère fétide, étendu sur votre lit impur, draps flétris et tachés de vos péchés, et de vos liquides internes libérés par un relâchement final que vous appelez jouissif lorsqu'il n'est pas définitif.
Je suis celui, du haut des toits, qui se tient prêt à bondir, proie visualisée, proie poursuivie, proie saisie, arme à la main, brillante, d'abord du jaune de ma bougie, puis du rubis de votre sang. Je vous vois tomber, vous retiens, n'abîme pas plus que de raison votre corps ouvert et immobile, l'allongeant dans la flaque rougeâtre se formant déjà à mes pieds, loin des impures flaques de gerbe d'un quelconque alcoolique sans conscience de l'achèvement atteint à quelques mètres de lui.
Je suis celui, du haut des toits, dont vous avez appris à accepter la présence, touchés par le quotidien de mes frasques, sans plus ressentir d'émotion à la vue d'une ligne dans un journal reportant la découverte de mon dernier compagnon d'une nuit. Après tant de fois, vous n'éprouvez plus le besoin de montrer une hypocrite indignation, ou tristesse pour une victime dont vous n'avez que faire.
Je suis celui, du haut des toits, qui dans un éclair vous fait regretter votre stupidité, et ce « Cela n'arrive qu'aux autres » que vous lâchiez en riant quand vos géniteurs inquiets vous voyaient revenir dans votre logis ignoblement confortable et lâchement douillet à une heure dont vous n'aviez plus conscience, malgré la montre pendue à votre bras comme une tentative de prouver que votre humanité vous donne la moindre responsabilité, et le plus petit discernement. Et vous comprenez toujours, bien trop tardivement, dans un spasme de douleur, que vous ne pourrez jamais mettre en garde les autres, et les convaincre de leur stupidité, et vous constatez enfin que votre perte n'est utile, égoïsme sublimé, qu'à vous même et à moi, souriant, dernier visage que vous verrez.
Je suis celui, du haut des toits, qui vous ôte vos derniers espoirs, vous plonge dans le gouffre purulent de la haine du monde, sensation ultime et seule vérité, pour les quelques secondes dernières.
Je suis celui, du haut des toits, qui toujours serai la, sans soucis du temps, sans soucis de vos misérables protections qui ne vous rassurent que par ce que vous aimeriez vous en convaincre, toujours renouvelé, toujours plus puissant, et plus présent.
Je suis celui, du haut des toits, qui vous haït le plus purement.
Je suis celui, du haut des toits, que vous appelez Dieu.

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MessageSujet: Re: Du haut des toits.   Ven 28 Jan - 19:04

Ce qui est amusant, c'est qu'à la lecture de ton texte, on s'identifie tour à tour à l'Homme et à Dieu, à cet Homme qui meurt et à ce Dieu qui tue.
C'est purement personnel, mais j'ai du mal avec cette vision de Dieu. Pour moi ce Dieu si rêvé - notons, tu le sais, que je ne crois pas en Dieu, ni en l'Homme d'ailleurs - ne peut pas être ce Dieu que tu nous décrit ici avec tant de cynisme. Quel Dieu pourrait être destructeur sans avoir été créateur ?
Tu nous propose ici la vision d'un Dieu uniquement destructeur, ce qui n'est pas un dieu, même pas de ces dieux anciens, de ceux qui réclament des sacrifices. Il n'y a pas ici de Dieu, mais un simple homme qui tue pour se sentir dieu, cette déification du destructeur n'est que son propre fantasme, or elle devient pour nous absurde, insensée. Un tel dieu serait enfermé, et l'homme qui se prend pour tel finit toujours par l'être.

J'aime bien ce texte pour son style, pour son phrasé, et aussi pour son rythme. Mais je le trouve incohérent. Celui que nous appelons Dieu n'est pas celui que tu nous décris ici, il ne peut être dans ce texte qu'un homme qui se serait rêvé dieu, un fou.

Ou alors nous avons ici le Dieu de cette courte pièce que nous n'avons toujours pas finie d'écrire (ah ah ! suce-panse !), mais il serait devenu aigre, strictement désabusé, ce qui est une vision qui me déplaît.

Pour résumer, un beau texte qui me déplaît franchement.

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MessageSujet: Re: Du haut des toits.   Ven 28 Jan - 19:15

Par rapport à la vision de Dieu, je n'y crois pas non plus. Ma phrase implique plus la manière qu'à l'homme de croire en Dieu : Certes nous disons bien qu'il est un créateur, mais le seul aspect que nous semblons louer, respecter et craindre chez ce Dieu, c'est son aspect destructeur.
Surtout aujourd'hui ou les cultes à la naissance sont de moins en moins nombreux. On célèbre un Dieu que l'on assimile au destructeur, car on a besoin de croire qu'il y a un contrôle de quelqu'un de suprème sur la mort.

Le seul qui ait un contrôle sur la mort est celui qui décide de tuer. Comme le personnage de ce texte.
Ainsi, il est bien celui que l'on appelle Dieu. Quelqu'un que l'on considère pour ses actes de destruction, mais que l'on dit créateur pour lui donner une légitimité.

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MessageSujet: Re: Du haut des toits.   Ven 28 Jan - 22:53

Je comprend ce que tu raconte, mais là où tu fais erreur par rapport à la religion, catholique en tout cas, c'est dans ta vision de la mort, que tu as tout à fait athée voir scientifique.
Tu considère la mort comme une évènement que touts souhaitent à éviter, que tous redoutent. La mort chez les chrétiens n'est certes pas souhaitée, nous avons tous peur de la mort, c'est strictement animal, mais la mort est un retour vers Dieu. Il a donné une vie, il la reprend et rappelle une âme à lui. Ce n'est donc pas un évènement si triste, et si on associe tant Dieu à la mort, c'est justement parce qu'après la mort, les Hommes sont censés avoir accès au royaume de Dieu.
On ne fait pas de ce dieu un dieu qui punit, mais il est étroitement lié à la mort. Il l'est également à la vie, et il y a encore peu, on faisait rapidement baptiser ses enfants, et on se mariait religieusement au moins par tradition.

Dieu a contrôle sur la vie et sur la mort, mais il n'est pas un dieu qui punit. C'est là que l'explication de l'Eglise sur la mort des innocents est à mon sens douteuse. Mais à moins d'avoir l'explication de dieu, je ne vois guère que l'explication scientifique.

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MessageSujet: Re: Du haut des toits.   Sam 29 Jan - 0:16

Encore une fois, pour moi l'accès au royaume de Dieu n'est qu'un moyen de se convaincre que tout n'est pas inutile. Faudrait que l'on ait une discussion sur la théologie dans la rubrique philosophie, non ? Par ce que la on s'éloigne un peu du sujet tout de même.

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MessageSujet: Re: Du haut des toits.   Sam 29 Jan - 1:11

C'est vrai qu'on s'éloigne un peu du sujet, mais le sujet est induit par ton texte. Je suis d'accord pour continuer en philo. Mais pas ce soir.

Ta vision est celle d'un athée, et même si je la partage, je la nuancerais.

Sinon sur le sujet de départ, je n'ai plus grand chose à dire je crois.

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