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 Hereafter, de Clint Eastwood

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Lambègue
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MessageSujet: Hereafter, de Clint Eastwood   Jeu 27 Jan - 17:26


Etonnante absence sur l'affiche du personnage de Marcus, pourtant largement aussi important que les deux autres dans ce film.

Depuis quelques années, chaque nouveau film de Clint Eastwood apparaît comme un sommet, non seulement dans la filmographie du réalisateur, mais aussi dans le genre et le domaine abordé : de plus, il parvenait à me passionner avec des sujets qui a première vue me laissaient plutôt froid, la boxe dans « Million Dollar Baby » et le rugby dans certaines portions de « Invictus ». Le réalisateur pose son style calme, simple et épuré, avec évidence sur chacun de ses films, et ne cherche pas à nous impressioner par de la poudre aux yeux : la violence de Gran Torino est des plus sobres, et Mandela n'est pas filmé comme un sauveur, mais comme un homme normal. C'est ce traitement très sobre qui fait que ses films passaient si bien, et se révélaient au final si subtils. Eastwood ne prend pas son public pour plus imbécile qu'il ne l'est, et ne cherche donc pas à souligner ce qu'il montre simplement.


Clint Eastwood, un monument du cinéma américain.


Cette position du réalisateur est assez remarquable quand on se souvient qu'il y a un peu plus de quarante ans, c'était un acteur qui se montrait et se mettait largement en valeur à l'écran : ce n'est pas une critique, mais vous n'avez qu'à regarder tous les Westerns ou il joue le personnage du cow boy solitaire, que ce soient les trois Sergio Leone ou d'autres tels Sierra Toride. Le début du changement pour le réalisateur survient probablement avec L'homme des Hautes Plaines, quand il commence à enterrer son début de carrière, et les westerns spaguettis avec. Selon cette logique, la fin de ce chemin d'apprentissage (ou de maturité, plutôt) serait Impitoyable, son dernier Western, à des années lumières de ses premiers, de Sergio Leone et du spaghetti, et pourtant classable selon moi dans ce genre, tout en l'achevant probablement à jamais. Si on regarde sa filmographie après cela, on peut valider cette théorie qui est la mienne, car tous ses films sont alors de grands morceaux, à l'exception du simplement fun Space Cow Boys.


Souvent un peu oublié, pourtant fabuleux.

Ainsi, c'est sans inquiétude que j'entrai dans la salle de cinéma pour voir la nouvelle œuvre de monsieur Eastwood, alors que le spiritisme est un thème qui me fait plus rire qu'autre chose par le ridicule achevé avec lequel il est la plupart du temps traité.
Et effectivement, à la sortie de la salle, une conclusion s'impose : il n'y avais aucune raison de s'inquiéter, et Hereafter est à nouveau un grand film.

Le film suit trois personnages principaux, qui chacun ont un rapport particulier avec la mort : Marie LeLay (Cécile De France, la moins bonne actrice du film) est une journaliste française ayant survécu au Tsunami indonésien lors duquel elle a fait une courte incursion dans l'Au Delà ; Marcus (Frankie Mc Laren, inconnu au bataillon mais livrant une performance convaincante) est un jeune garçon dont le jumeau est mort dans un accident de voiture et qui n'arrive pas à accepter cette séparation, d'autant plus qu'il est placé dans une famille d'accueil pendant que sa mère suit une cure de désintoxication1 ; George Lonegan (Matt Damon) est un homme doté de la capacité de communiquer avec les morts présents dans l'au dela, mais ne désirant plus faire usage de ses pouvoirs, car trop atteint émotionellement par ce qu'il considère comme une malédiction.
C'est un pari doublement risqué que celui de Clint Eastwood sur ce film, donc : déjà le sujet n'en est pas simple, et il se paye en plus le luxe d'avoir trois protagoniste, qui pendant une grande partie du métrage n'ont rien d'autre en commun que leur expérience, et ne se connaissent pas.


Les trois personnages principaux. Wouhou, on va s'amuser !

Pour le traitement des personnages, Eastwood s'en sort de manière exemplaire : il accorde la même importance aux trois, malgré un temps d'écran peut être un peu supérieur pour Matt Damon, et parvient à nous décrire trois vies, trois milieux et trois personnalités de manière tout à fait convaincante : dès leur première apparition, on s'attache aux trois personnages (avec un effet de peur pour Marie et Marcus, car le réalisateur nous fait bien comprendre que la mort va les toucher sous peu lors de leur arrivée à l'écran). Pour les personnages secondaires, Eastwood nous en a déjà montré des plus fouillés, à l'instar des gardes du corps dans Invictus, mais il livre cependant un travail de bonne facture, et ceux ci n'apparaissent pas que comme des silhouettes au service des protagonistes.

C'est à nouveau la simplicité qui joue en faveur d'Eastwood : elle est, comme toujours chez lui, synonyme de subtilité, et il est admirable de la part d'un réac aussi catholique que lui d'arriver à livrer un film assez neutre sur le sujet, laissant le spectateur libre de ses choix. Il montre des torts et de l'intolérance de tous les cotés, dénonces les arnaques lors d'une très belle séquence de recherche d'un médium par Marcus, mais nous peint aussi de véritables communications avec l'après mort. Si de mon coté, mon opinion est fixe, il n'empêche que le film m'a beaucoup plu pour cela. Il n'endoctrine pas, il se contente de raconter une histoire et de montrer les partis d'un débat, tout en incluant un aspect fantastique dont chacun pourra discuter la possible vérité, mais dont nul ne pourra nier la beauté, l'intelligence et la finesse. Et la fin de la dernière séquence de communication avec l'Au Delà de George est superbe. Une confession de l'ignorance dans laquelle nous sommes tous. Un « Je ne sais pas » sublime, cri à l'aide, cri à l'inconnu, entre pleurs et acceptation. J'en profite pour souligner la performance de Matt Damon, qui décidément devient de plus en plus talentueux au fur et à mesure. Je pense qu'il a acquis, au vu de sa récente filmographie, une place de choix parmi les grands acteurs hollywoodiens.


Un sans faute pour Damon, et il parait que le film à venir des frères Coen est tout aussi mémorable. En même temps, les Coen sont aussi une valeur sure du cinéma. Je viendrai à parler bientôt de leur dernier opus, A Serious Man, décrié par beaucoup, alors qu'il frôle le génie, voir l'atteint.

Cette simplicité se retrouve à tous les niveaux du films : bien sur, pour les mouvements de caméra, lents et économes tout en délivrant des plans souvent superbe et ne manquant nullement d'imagination ; mais aussi dans l'image, assez caractéristique du Eastwood des dernières années, c'est à dire fort contrastée dans ses jeux de couleurs. Parfois très lumineuse, elle peut aussi se faire fort sombre, au point qu'on ne voit plus que des silhouettes. Le talent du réalisateur est alors de réussir à nous donner de belles images et à nous faire ressentir toujours autant de choses, avec des conditions pourtant loin d'être optimales à première vue.
Même les séquences nous montrant des événements impressionnants, que ce soit le Tsunami, l'explosion du métro ou la mort du jumeau de Marcus, sont simples : le Tsunami n'est pas filmé avec moult effets de style et un volume sonore de catastrophe poussé au maximum, son horreur se déploie d'elle même, sans qu'on ait besoin de la signaler : l'accident du jumeau est court et sans fioriture, ce qui importe le plus étant la tension instaurée avant, et pas tant l'événement même. Pour le métro, il se contente de nous faire entendre un bruit, de nous montrer des flammes vives, et ne va pas plus loin. Ainsi au cours des plus de deux heures du film, les moments de mort sont peu nombreux : c'est la vie et l'après mort si secrète qui prennent le dessus. Brillant.
Enfin, il y a la musique : encore une fois, Eastwood se charge lui même de la BO. On retrouve ses thèmes simples, faciles à retenir, doux. Et son instrumentation assez intimiste finit de faire de cette BO une œuvre collant parfaitement et sans se faire voir au film, en rehaussant les émotions et, finalement, le talent.



Enfin, PREFEREZ LA VOST ! En effet, une partie du film se passe déjà en France, et donc est en français : il serait dommage de louper les différences d'accents et de langages tout simplement pour avoir son film entièrement en français.
Surtout que Damon a une voix originale assez hallucinante, et impossible à retranscrire correctement par un doublage.

En conclusion, un nouveau Clint Eastwood, et donc un nouveau grand film, une fois de plus il ne déroge pas à la règle. Ce n'est pas mon favori de Clint, et il n'atteint pas dans mon Cœur la place de L'échange, de Mystic River, Minuit dans le jardin du bien et du mal, Sur la Route de Madison, Impitoyble et Jugé coupable. Mais ça reste immense.
On le regarde avec plaisir.
Et respect.


Un plan de la solitude. Parlant...Et fort..




1 : On est pas très loin du Rémi Sans Famille américain, en somme. Et certains sauront que mon esprit un peu geek et très sadique me fait adorer Rémi Sans Famille.




Rédigé par Lambègue.

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MessageSujet: Re: Hereafter, de Clint Eastwood   Mer 9 Fév - 19:32

Ce qui est amusant dans ce film, c'est qu'il a ouvertement un parti-pris qui se veut scientifique (nous reviendront peut-être sur le sujet de la vie après la mort dans un article prochain, mais pas ici), mais qu'il ne l'assène pas, qu'il ne le martèle pas. En appuyant un peu trop, le dernier Eastwood aurait été un film de propagande religieuse et politique imbuvable, mais de par la légèreté de son propos sur un sujet grave, de par le traitement de ses trois personnages qui restent tout à fait égaux, dans leur individualité et dans leur solitude, il en a fait un film d'une rare douceur et profondeur.

C'est pour le moment le meilleur Eastwood à mon sens dans tous ceux que j'ai vu. Ceci dit, j'en ai vu très peu, et je pencherai sur ceux que tu cites, Lambègue. C'est donc pour moi le meilleur, et j'espère que c'est amené à changer. Non pas que je ne le trouve pas assez bon pour être placé dans les meilleurs, mais tout simplement parce que le considérant excellent, j'ai espoir de trouver mieux encore.

Je ne peux pas confirmer pour la différence VO/VF, mon cinéma de quartier ne passe que des films en VO dans de petites salles aux décors surannés et aux sièges confortables. J'aime mon cinéma de quartier et ses tarifs.

D'un sujet compliqué (spiritisme et vie après la mort) traité sous un format complexe (trois personnages qui ne se rencontreront qu'à l'extrême fin), Eastwood a fait un grand film, que je classerai sans hésiter parmi ceux que je conseille à mes amis que je pense avoir un goût cinématographique intelligent et recherché. Lambègue, si je l'avais vu avant toi, je te l'aurais sans doute conseillé. Tous ceux qui passent sur ce forum, allez-y, ou alors téléchargez le.

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MessageSujet: Re: Hereafter, de Clint Eastwood   Mer 9 Fév - 20:02

De Eastwood, regarde ceux que j'ai conseillé, ainsi que ce qu'on peut considérer comme son cycle d'enterrement du Western Spaghetti ; "L'homme des hautes plaines", "Pale Rider" et "Impitoyable".

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MessageSujet: Re: Hereafter, de Clint Eastwood   Mer 9 Fév - 20:20

Faut que je trouve un peu de temps pour tout ça. Les télécharger ne devrait pas être un problème, mais j'ai tellement de choses à faire, et pas tant de temps que ça tous comptes faits.
Mais je note les titres.

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MessageSujet: Re: Hereafter, de Clint Eastwood   Mer 9 Fév - 23:42

Avec une bonne qualité d'image bien sur, sinon c'est dégueulasse.

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MessageSujet: Re: Hereafter, de Clint Eastwood   Jeu 10 Fév - 0:04

Je ne veux pas (et n'ai pas le droit de) faire l'apologie du téléchargement, ni même y inciter, mais si j'ai pu avoir des activités illégales en ce sens, sois certain qu'elles n'ont porté que vers des contenus de bonne qualité.

Je profite d'ailleurs de cela pour préciser qu'inciter quelqu'un à commettre un acte violant la loi en vigueur dans son pays et quoi que la l'allégorie de la justice/loi en France ne refrène pas mes incitations au viol est illégal. Inciter au téléchargement est donc illégal. Merci.
En revanche, dire que l'on télécharge, à part attirer sur soi les foudres de l'HADOPI, n'a je crois rien d'illégal. Imaginez que je dise avoir tué Lambègue. On peut m'en accuser, mais pour m'en déclarer coupable et donc m'en punir, il faudra le prouver.
Qu'un juriste me corrige si lieu il y a.

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MessageSujet: Re: Hereafter, de Clint Eastwood   Jeu 10 Fév - 0:16

Ce n'est pas la question ici, mais personnellement je n'apprécie le téléchargement que pour les films que je n'adule pas. Genre "Cinéman", pourtant d'une certaine façon culte (j'y reviendrai), ne mérite pas que j'achète le DVD. Mais sinon j'aime bien avoir l'objet DVD. Ou carrément aller voir au cinéma, ce que je trouve incomparable comme expérience.

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