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 Les annales du Disque Monde, tome 18 : Masquarade, de Terry Pratchett

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Lambègue
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MessageSujet: Les annales du Disque Monde, tome 18 : Masquarade, de Terry Pratchett   Mer 26 Jan - 21:07




En 1983, l'auteur humoristique anglais Terry Pratchett sort un livre intitulé « La huitième couleur » : cet ouvrage parodie les histoires de Fantasy, tout en proposant une intrigue riche, une écriture dynamique et un personnage attachant, Rincevent.
C'est ainsi que commence une des sagas de fantasy, parodique certes mais fantasy tout de même, les plus conséquentes qui soient : les Annales du Disque Monde. Aujourd'hui, les annales mêmes en sont à leur 33ème tome, et l'auteur a aussi signé quelques livres pour jeunes lecteurs et quelques nouvelles se déroulant sur ce fameux disque monde, planète en forme de disque soutenue par quatre éléphants soutenus eux mêmes par une tortue.


Le Disque Monde

On peut diviser les romans des Annales en différents cycles, selon les personnages suivis : le premier de ces cycles est celui de Rincevent, qui compte à ce jour sept ouvrages : le deuxième est celui des sorcières, composé actuellement de six tomes : le troisième est celui du Guet, comptant sept tomes : le quatrième est celui de la mort, composé de quatre tomes, et enfin il y a le cycle de Moite Von Lipwig, assez récent et ne comptant donc que deux tomes actuellement. Cette catégorisation exclut certains tomes, qui ne comportent aucun des personnages des cycles, ou du moins pas de manière assez conséquente pour qu'on puisse le ranger dans ledit cycle. D'ailleurs il n'est pas rare de voir des personnages principaux de certains tomes faire une petite apparition dans d'autres : le meilleur exemple est celui de la mort, présent1 dans tous les tomes.
Chaque tome aborde et parodie un thème différent, avec un mélange d'observation critique, d'absurde, d'humour noir et de talent de l'intrigue. Ainsi, en procédant par la parodie quasi perpétuelle, Pratchett réussit l'exploit de dresser un univers conséquent et bien personnel, peuplé de personnages tous plus attachants les uns que les autres.
L'ouvrage que je voudrai aborder ici est le 18ème tome de la série, et le cinquième faisant partie du cycle des sorcières. Vous pouvez le lire sans connaître les autres tomes de ce cycle, car il n'y fait pas beaucoup référence, à part au début. C'est un autre avantage de ces annales : elles sont souvent très indépendantes les unes des autres, et on peut en lire une sans connaître le reste. En lire plusieurs confère cependant une dimension supplémentaire à l'œuvre, par les personnages communs, les lieux partagés,...
Pourquoi choisir ici Masquarade (avec la faute d'orthographe, disons le maintenant) ? Tout simplement par ce qu'il est le meilleur tome de ce que je considère comme le cycle le plus réussi du disque monde. Pas qu'il soit le plus immédiatement drôle, et les gags brefs y sont même relativement rares : mais le milieu dépeint devient de plus en plus barré au fil des pages, pour arriver à un final apocalyptique, aussi excellent qu'illogique.

Nous suivons dans cet ouvrage trois personnages principaux : Agnes Crétine, une jeune fille du royaume de Lancre dotée d'un embonpoint conséquent (mais d'un caractère en or et de beaux cheveux), qui se rend à l'opéra de la grande ville Ankh-Morpok pour faire carrière, aidée par sa voix superbe. Les deux autres sont des sorcières de Lancre, Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps, a la recherche d'une troisième sorcière pour compléter leur groupe : en effet, les sorcières fonctionnent par trois, la jeune fille, la mère, et celle que l'on ne sait pas comment appeler mais qui s'occupe de râler. Or, leur ancienne collègue (qui tenait la place de la Jeune Fille) est devenue reine, ce qui lui prend un temps conséquent.
La décision des sorcières est donc rapide : elles vont se rendre à Ankh Morpok pour demander à Agnes de devenir leur jeune fille, pour lui sauver la vie car les feuilles de thé indiquaient qu'elle était en danger, et pour récupérer l'argent que doit un éditeur à Nounou Ogg, profits de son livre bestseller de recettes aphrodisiaques.
Autour de tous ces personnages, graviteront des dingues comme Gauthier Plinge, homme à tout faire de l'opéra un peu simplet, Enrico Basilica, chanteur d'opéra à la voix aussi imposante que l'appétit, Rarement Baquet, ancien commerçant en fromages reconverti dans l'opéra et Salzella, directeur artistique du bâtiment. On ajoutera des habitués venus dire bonjour : les forces de l'ordre du Guet, le bibliothécaire de l'Université de l'Invisible et la mort. Chacun a son rôle à jouer dans l'histoire, et chacun à sa façon participera à la chasse au fantôme tueur de l'opéra. Rien que ça !

Ce n'est pas la première fois que Nounou et Mémé apparaissent, et dans ce tome elles n'ont rien perdu de leur coté complétement dingue : en tant que sorcières, elles se permettent un peu tout, un peu n'importe comment, tout en étant résolument gentilles. Desfois, on peut se demander si les gens qu'elles fréquentent s'en rendent compte, mais si, elles sont gentilles. Et diablement attachantes, également. Agnés étaient déjà apparue auparavant, mais elle gagne ici une nouvelle dimension, devenant un personnage réellement attachant, même si pas encore au niveau des deux sorcières. Ainsi, pour les personnages principaux, Masquarade est une réussite. Les secondaires sont tout aussi attachants, et parmi les plus givrés imaginés par Pratchett. A coté de ça, même le vampire accro aux flashs de « La Vérité » n'est qu'un personnage des plus normaux.


Nounou Ogg et son chat...Particulier.

Pratchett dépeint l'opéra en en poussant le coté barré et parfois un peu ridicule : ça en devient presque schizophrène. Le public applaudit dès qu'il se passe quelque chose sur scène sans rien comprendre au spectacle (malgré le guide explicatif de plusieurs centaines de pages), les employés courent partout, les chanteuses font des malaises artistiques, les chanteurs mangent, les musiciens jouent sans regarder autour d'eux, le directeur fait les comptes, le nettoyeur nettoie et fait tout le reste, et le fantôme tue. Au milieu de tout ça, deux sorcières fonctionnant au mensonge perpétuel, à la cuisine aphrodisiaque et aux sortilèges étranges passent inaperçues (et ce n'est pas par ce que Nounou Ogg est systématiquement sympathique à tous qu'elle est discrète...). Et tout cela, sous une règle unique : le spectacle doit continuer, à tous prix.
Tout est donc réuni pour donner lieu à une intrigue allant aux confins de l'absurde et de l'illogique, et pourtant tenant tellement bien que l'on se sent emporté, et jamais on ne se dit que cet ouvrage n'a pas d'intrigue valable. Plus que jamais, Pratchett montre son talent pour réunir une parodie grandiose et une intrigue superbe. C'est, à la réflexion, assez impressionnant. A la parodie s'ajoute une petite note de critique, comme souvent, avec une réflexion sur le traitement du physique des chanteuses d'opéra, et du milieu du spectacle en général. Ce n'est pas d'une profondeur grandiose, mais c'est assez plaisant à lire, et inséré avec talent dans l'intrigue générale.
Ajoutons à cela que le style de Pratchett est d'une efficacité assez conséquente : il procède par sections souvent assez brèves suivant les personnages tour à tour, et son écriture dynamique donne une impression de rapidité et de simultanéité fort réussie. Bien sur, il prend parfois plus son temps, quand cela est nécessaire : dans ces cas la, il se révèle encore une fois fort satisfaisant, même si pas parmis les auteurs les plus talentueux du monde. Ceci dit, au milieu d'un ouvrage comme Masquarade, ça nous est un peu égal.

En conclusion, laissez vous emporter par ce livre formidable, entrez dans ce monde si absurde et illogique, et amusez vous en. Masquarade est une bonne porte d'entrée dans les Annales, en fait un des meilleures, avec « Eric » ou « Au Guet ». Rêvez un moment dans l'univers coloré de Terry Pratchett, car pendant 350 le rêve ne s'arrête pas.
Et si vous avez aimé, ne vous inquiétez pas : il en reste plein d'autres !



Rédigé par Lambègue.

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