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 Oingo Boingo : Good For Your Soul (1983)

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Lambègue
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MessageSujet: Oingo Boingo : Good For Your Soul (1983)   Sam 22 Jan - 1:36



Oingo Boingo est un groupe peu connu par le grand public, mais ayant acquis une certaine réputation chez deux types de personnes : les amateurs de rock américain alternatif (étonnant au vu du fait que l'on peut questionner autant l'aspect rock que l'aspect alternatif de leur musique), et les fans de Danny Elfman. Je fais partie de la deuxième catégorie.
Le groupe a été fondé en 1972 par le frère de Danny Elfman, Richard : à l'époque, le nom complet était « The Mystic knights of the Oingo Boingo », et ils faisaient plus du théâtre musical que de la musique. Danny arrivera en 1976, et sera à la base de l'orientation du groupe vers de la musique pure.
C'est en 1979 que leur nom devient Oingo Boingo, et Richard à cette époque à quitté la bande, maintenant constituée de huit membres.
Un de leurs premiers travaux sera la BO du premier film de Richard Elfman, « Forbidden Zone », un délire fauché et malade sur une famille dont la maison donne accès à un monde parallèle. La BO est à l'image du film, variée, malade, insolente, hilarante et géniale. A noter que Danny jouait le rôle du diable dans ce film. C'était en 1982.
Certains membres du groupe restèrent ainsi jusqu'à sa dissolution en 1995, cela inclut, outre Danny Elfman, Steve Bartek (aussi orchestrateur du premier pour ses BOF), John Avila, Leon Schneiderman, John "Vatos" Hernandez, Dale Turner (arrivé plus tard cependant) et Sam "Sluggo" Phipps.


Ces types sont des dingues, des révolutionnaires musicaux, des génies. Oui je sais, je suis pas objectif, mais chacun de leurs albums, y compris le controversé Dark At The End Of The Tunnel, est pour moi un immense moment de joie.

Si on ne compte pas la BO de Forbidden Zone, Good for Your Soul, sorti en 1983, est leur troisième album studio. Il continue, musicalement, à développer le ton relativement enjoué, sautillant et inclassable de « Only a Lad » et « Nothing to Fear », tout en ayant cependant une qualité d'enregistrement largement supérieure : les synthès sont de bien meilleure qualité, entre autres.
Au niveau des paroles, généralement cet album se fait encore un peu moins socialement engagé que ne l'était Nothing to Fear, avec cependant certains sommets tels « Wake Up (it's 1984) et « Who Do You Want To Be ». A coté de cela, il creuse la veine de chants un peu fantastiques, morbides et ironiques, et souvent paranoïaques du groupe, et c'est cette veine qui a donné certains de leurs titres les plus célèbres par la suite. Toujours est-il que cet album est une preuve immense du talent de parolier, de compositeur et de chanteur de Elfman, et montre aussi à quel point le groupe profite de tous ses membres pour livrer des titres d'une richesse assez impressionnante. Un de leurs trois albums indispensables, à coté de « Dead man's party » et de « Boingo ».

Afin d'entrer plus en détail dans le commentaire de cet album, je vais procéder piste par piste. Je conseille à tous de les écouter à coté, mais certaines sont dures à trouver, l'album lui même étant maintenant assez rare, et surtout assez cher (une cinquantaine d'euros). Je ne connais pas l'origine de ce prix, car c'est le seul de leurs albums à connaître ce syndrome, et je pense donc qu'une réédition pourrait être une bonne chose.
L'ensemble des pistes sonne très années 80 : mais honnêtement, même le réticent de cette période que je suis parfois n'en a rien à faire, car on touche souvent au sublime, et le talent est toujours indéniable.

1."Who Do You Want to Be"
L'album attaque fort avec cette piste rapide, tellement rapide qu'elle en deviendrait presque épileptique. Elle pose directement le style musical de l'ensemble de l'album, un peu brutal, mettant beaucoup plus en avant les percussions et les guitares, tout en conservant une place de choix aux cuivres. Car oui, il y a des cuivres dans la formation du groupe.
Elfman s'amuse à la voix comme jamais, c'est peut être sur cet album que l'on trouve certains de ses plus grands délires.
Niveau paroles, c'est un petit massacre réjouissant du culte de la télévision. C'est enjoué, drôle et acerbe, bref c'est redoutable, et amusant. L'ensemble des chansons de ce groupe gagne d'ailleurs à être écoutées en en comprenant les paroles, car c'est un point non négligeable du talent de l'ensemble.

Good For Your Soul lors de leur dernier concert, Farewell. Plus dynamique et épileptique que jamais.


2."Good for Your Soul"
La chanson qui donne son titre à l'album. La chanson analyse trois mouvements de l'âme fréquents, tout en en démontrant tout le coté cynique et un peu effrayant. Le refrain, « Just once or twice is good for your soul, if you do it more you loose control » implique donc l'idée d'aliénation. Un message purement dans l'esprit du groupe, et la musique toute sautillante finit de créer un superbe contraste. Agréable, intelligent et thématiquement envoutant.

Good for your soul, version de l'album éponyme.


3."No Spill Blood"
Cette chanson est inspirée du livre « l'île du Docteur Moreau », de H.G. Wells. Ce livre nous montre une île sur laquelle un scientifique fou pratique des expérience sur les animaux, afin de les humaniser. Comme expliqué dans la chanson, les animaux ont un règlement imposé, et une des règles est de ne pas verser le sang, « No Spill Blood ». Or toute désobéissance à la règle conduit à la maison de la douleur, « House of Pain ». La chanson voit la situation du point de vue des animaux, avant leur révolte : celle ci est déjà sous-jacente dans les paroles. On peut noter toute un tableau de la dictature et des révoltes qu'elle entraîne, comme ce sera le cas aussi dans la huitième piste de cet album, elle aussi inspirée d'un ouvrage fameux.
Musicalement, des cris bestiaux d'animaux donnent un ton bestial et violent à cette chanson, presque tribale par moments.

No Spill Blood, version d'origine


4."Cry of the Vatos"
Cette chanson est jouée à l'envers. C'est donc une parodie des chansons de certains groupes de rock (dont les beatles) qui enregistraient de telles chanson en faisant passer des messages antireligieux. Ici, le message est au contraire religieux à l'extrême. Tellement que ça en devient absurde, Elfman le sait. Au fond, cette chanson a été faîte au dernier moment pour remplacer « I Stand Defeated », refusée sur l'album car considérée comme trop violente contre les religions. Vous pouvez trouver cette chanson sur youtube, c'est très intéressant.
La version album, donc backward, de Cry of the Vatos, est musicalement très bizarre, mais étrangement pas désagréable lorsqu'on s'y habitue. A l'endroit, ce n'est pas beaucoup moins bizarre, et Elfman livre véritablement une musique hallucinée, pleine de bidouillages techniques et de cuivres en roue libre.

A l'endroit et à l'envers. Ah, quand je dis très bizare, je veux vraiment dire très bizare. Personne n'a été tué lors de l'enregistrement, du moins pas que je sache.


5."Fill the Void"
Chanson parano, il fallait bien commencer quelque part ! Le génie de l'ensemble vient principalement du contraste entre les paroles et la musique, d'ailleurs fort agréable dans ses thèmes, qui prennent parfois des airs de musique de plage malade. Et puis un peu de peur délirante et infondée, ça fait toujours plaisir, surtout quand c'est traité avec les mots bien caractéristiques de Elfman.

Fill The Void et Sweat, versions originales. Son vynile, on aime ou on n'aime pas, personnellement j'accroche autant qu'au son cd.


6."Sweat"
La piste la plus faible de l'album à mes yeux. Les lyrics sont intéressants et la mélodie fort agréable, et ça reste un bon moment, mais elle est loin de se hisser au niveau sublime du reste de l'album. Le riff de guitare reste très réussi, et le ton martial est plaisant, mais ça n'atteint pas le niveau de Wake Up ou Who Do You Want To Be, par exemple. Cependant, un étant à nouveau un peu parano et en faisant faire quelques délires réjouissants à sa voix (desfois, ça fait presque Pee Wee), Elfman parvient à insérer logiquement cette chanson dans l'album, ou elle ne jure absolument pas. D'ailleurs c'est aussi une qualité de cet album de n'avoir aucune piste qui jure avec le reste.


7."Nothing Bad Ever Happens"
Le cynisme sublimé. Pour résumer le texte de la chanson, il y a bien des malheurs dans le monde, mais je n'en ai rien à foutre, car moi je ne les subit pas. Tout ça sur une mélodie enjoué, et entendre parler de suicide sur un ton aussi joyeux, et de lire quelques lignes plus tard qu'en plus on en a rien à faire, c'est franchement magnifique.
La piste la plus drôle de l'album. Acidulée, car la critique de la pensée des masses est évidente, mais hilarante tout de même. Et musicalement implacable, faisant un peu suite à Fill the Void. Ca correspondrait à merveille au ton utilisé pour montrer l'égoïsme et l'égocentrisme dans Mars Attacks, quelques années plus tard.
Cette piste, comme l'ensemble des pistes de cet album en fait, permet de comprendre pourquoi Burton était aussi fan du groupe, au final.

Le clip est largement aussi drôle et magnifique que la chanson. Elfman danse comme Nicholson en joker, c'est cynique, c'est imaginatif, et c'est malsain, comme tous leurs clips (depuis le pédophile de Little Girls jusqu'aux poupées ecorchées de Insanity). Et certains passages rappellent un peu l'esthétique des débuts de Burton, surtout Beetlejuice dans l'humour. Oui oui, je sais, c'est pas la première fois que je fais référence au réalisateur. Mais décidément je me dis en voyant ça que la connexion entre les deux hommes dépassait dès ses débuts ce qu'a pu atteindre la connexion bien moins fertile selon moi entre Williams et Spielberg.


8."Wake Up (It's 1984)"
Cette fois ci, c'est 1984 de Orwell qui inspire la chanson. Chanson qui, en reprenant l'univers de l'ouvrage, développe une vision de la dictature comme un règne de la peur, mais surtout pour le dictateur. C'est un jeu que personne ne comprends vraiment, et au final le dictateur vit toujours dans la peur de tomber, ce qui arrive inévitablement semble l'indiquer la chanson.
C'est martial, brutal, tribal (l'album dans ses martellements rythmiques et vocaux est le plus dur du groupe, même Boingo sera en soi beaucoup plus doux), thématiquement parfait, avec des instrumentaux hallucinants et des chœurs sublimes, bref c'est du grand art, et dès les premières mesures cette chanson entraîne dans ses méandres. Encore une preuve de génie.

La version originale. Vraiment, que c'est martial. J'aurais presque envie d'aller monter une armée et de monter une petite dictature, tiens. Et puis en tant qu'analyse du climat de l'oeuvre de Orwell, on fait difficilement plus clair.


9."Dead or Alive"
Encore un grand moment de paranoïa, encore une réussite. Musicalement, c'est rapide et délirant (la note omniprésente dès le début du morceau devient presque crispante, et les instrumentaux sont des plus imprévisibles). A la voix, Elfman plonge à nouveau dans des jeux aussi impressionnants qu'efficace, et il est responsable d'une partie de l'ambiance malade de cette chanson. C'est rythmique et dynamique, ça détruit tout sur son passage (le narrateur compris), et on en redemande.


Dead or Alive, Pictures of you et Little guns. Non mais franchement, que c'est BON !!! (dixit l'auteur de l'article, qui ne peut s'empêcher de chantonner ces morceaux qu'il connait par coeur.
It waits so patiently
For me to loose my gard
I'm getting...Scared !!!



10."Pictures of You"
La meilleure chanson de l'album. Les paroles sont totalement hallucinantes, moins drôles que d'habitude, mais créant une ambiance de peur et de folie absolument sublime. Les couplets sont de plus en plus longs, soulignant la montée de cette folie, et ça en devient oppressant.
Musicalement, nous remarquons déjà le rythme marqué, frappant presque l'auditeur, et imaginatif. Puis nous pouvons signaler les incursions de la guitare, magnifique, s'envolant dans ses pourtant courtes apparitions, et participant de l'ambiance de folie, blessante et non joyeuse, de cette chanson.
Et enfin, la voix. Elfman livre une mélodie sublime, que son chant si particulier élève encore un peu, et les choeurs fantomatiques à l'arrière finissent de faire du travail vocal un gigantesque moment de génie. Depuis le « Pictures of you » qui ouvre le couplet, et nous fait déjà angoisser, jusqu'au très grave « In Darkness », lourd de sens, de menace et de fatalisme qui les ferme, les couplets sont de pures merveilles.
C'est profondément beau, dégageant un climat d'une rare puissance, et encore une fois on aurait bien imaginé ça dans un film de Tim Burton.
Bref une chanson parfaite, sans doute une des plus extraordinaire du groupe.
(A noter une ligne de basse dans le prolongement de "Good For Your Soul")

11."Little Guns"
Et pour finir l'album, retour à la paranoîa comique. Ici, des petits soldats, des jouets probablement, attaquent les hommes, et VOUS en particulier. Le rythme et les mélodies bien barrées, la voix de Elfman toujours aussi hallucinante dans ses variations, et le solo de cuivres absolument grandiose (près d'une minute !) font de cette chanson dynamique une conclusion parfaite à l'album. Ceci dit, fuyez tout de même, les soldats vous poursuivent, ils sont armés, et personne ne vous aidera, car c'est bien trop drôle.


En bilan, comme je l'ai déjà dit plus haut, une grande réussite en tant qu'album, la conclusion sublime de ce que l'on peut considérer comme leur première période musicale : le changement sera assez conséquent avec Dead Man's party, qui introduira des chansons plus longues, et changeant de climat instrumental.
Un plaisir d'écoute perpétuel, et ce surtout par ce que l'écoute en est au final assez simple (après deux ou trois fois, quand l'effet de surprise ne nous gâche plus la moitié des pistes. Tous les albums de Oingo Boingo ont cet aspect hermétique à la première écoute, il faut bien passer outre).
Ce disque devrait figurer dans toutes les CDthèques; car au fond avoir l'album vaut toujours mieux que de chercher à les écouter sur youtube (le seul avantage étant alors d'avoir le clip de Nothing Bad Ever Happens, et effectivement celui la j'aimerais bien l'avoir sur DVD un jour, avec quelques autres de leurs clips, si quelqu'un sait comment s'y prendre, merci de me le signaler.
Dommage qu'il soit si rare, donc.


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MessageSujet: Re: Oingo Boingo : Good For Your Soul (1983)   Sam 22 Jan - 2:42

Ah ! Sublime Oingo Boingo !
Que de plaisir de voir un article si bien fait parlant d'un groupe si étonnant !
Je me rappelle l'ambiance de dead man's party avec ces drôles de formes squelettiques dansant sur un rythme particulièrement étonnant!
Bravo à toi Lambègue pour cet article en tout cas !
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MessageSujet: Re: Oingo Boingo : Good For Your Soul (1983)   Sam 22 Jan - 2:44

Merci bien, et que ça fait plaisir de trouver enfin quelqu'un qui connaisse !
Oui effectivement Dead Man's party a un clip assez magnifique. C'était macabre à souhait^^.
Je compte m'occuper de tous leurs albums, mais pas forcément dans l'immédiat, le prochain sur la liste sera Dark At The End Of The Tunnel, par ce que comme je l'ai dit dans l'article, je trouve qu'il est globalement sous estimé.

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MessageSujet: Re: Oingo Boingo : Good For Your Soul (1983)   

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Oingo Boingo : Good For Your Soul (1983)
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